Comment faire des économies d’énergie dans les bureaux ?

Mis à jour le

Par Les experts Isospace

L’énergie pèse lourd dans les charges d’un bureau, et la facture grimpe dès que les températures baissent. Mais sur un parc tertiaire, l’essentiel ne se joue pas sur les éco-gestes du quotidien : il se joue sur l’enveloppe du bâtiment, le chauffage et la climatisation (CVC), le pilotage des équipements et l’éclairage. Ce sont ces postes qui décident vraiment de ce que vous payez chaque année.

Dans une logique RSE, ces leviers permettent aussi de réduire vos émissions de carbone, sans dégrader le confort des équipes.

En tant que contractant général, nous voyons ces sujets sur le terrain : voici les arbitrages qui comptent pour faire des économies d’énergie au bureau, des plus structurants aux plus simples à mettre en place.

Réglementation énergétique 2026 : ce qui s’impose aux bureaux

Faire des économies d’énergie au bureau n’est plus seulement une démarche volontaire : c’est désormais une obligation pour de nombreuses entreprises. Le décret tertiaire, aussi appelé dispositif Éco Énergie Tertiaire (DEET), impose aux bâtiments à usage tertiaire de plus de 1 000 m² de réduire leur consommation d’énergie de 40 % d’ici 2030, 50 % d’ici 2040 et 60 % d’ici 2050, par rapport à une année de référence. Chaque année, les consommations doivent être déclarées sur la plateforme OPERAT, gérée par l’ADEME. Si vos locaux dépassent ce seuil, vous êtes concerné, que vous soyez propriétaire ou locataire.

Pour financer ces travaux, vous pouvez mobiliser les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Ce dispositif cofinance une large palette d’opérations : isolation, passage à l’éclairage LED, modernisation du chauffage, de la ventilation et de la climatisation (CVC), ou encore installation d’une GTB (gestion technique du bâtiment), qui pilote automatiquement vos équipements pour limiter les gaspillages.

Pour les extensions, les surélévations ou les changements de destination, c’est la RE2020 qui s’applique et fixe des exigences renforcées sur la performance énergétique et l’empreinte carbone. Ces leviers se traitent dans les meilleures conditions pendant un projet d’aménagement complet de vos espaces de travail : isolation, faux plafonds, éclairage et cloisonnement se pensent ensemble, une fois pour toutes, plutôt que par petites retouches successives.

Contrôler les chauffages et ventilations

Le chauffage, la ventilation et la climatisation (CVC) forment le premier poste de consommation d’un bureau. Sur les bâtiments tertiaires, le chauffage est de loin le premier consommateur ; en ajoutant la ventilation et la climatisation, l’ensemble CVC pèse très lourd dans la facture d’énergie, un ordre de grandeur largement observé sur le parc de bureaux. C’est là que se trouvent les marges les plus importantes, et c’est aussi là que les bons arbitrages se prennent au moment du chantier.

Le point de départ, c’est l’enveloppe du bâtiment. Tant que les locaux restent mal isolés, vitrages anciens, murs et toiture sans traitement, faux plafonds non étanches à l’air, vous chauffez en partie pour l’extérieur. Régler finement les équipements sur un bâtiment qui fuit revient à colmater au seau. Avant d’investir dans une chaudière ou une pompe à chaleur performante, il faut donc traiter l’isolation et l’étanchéité à l’air : c’est l’investissement le plus rentable sur la durée, et celui qui conditionne tous les autres.

Côté réglage, visez une température autour de 19 à 20 degrés en hiver. Selon l’ADEME, baisser le chauffage d’un degré réduit la consommation de l’ordre de 7 %, un repère utile pour cadrer les consignes. Au moment de relancer les installations en début de saison, vérifiez que les radiateurs et les terminaux de soufflage ne soient pas masqués par du mobilier ou des cloisons ajoutées depuis le dernier aménagement : c’est une cause de surconsommation fréquente, et invisible tant qu’on ne regarde pas le plan.

La ventilation mérite la même rigueur. Sur un parc tertiaire, une centrale de traitement d’air mal entretenue ou des filtres encrassés font grimper la consommation sans que personne ne s’en aperçoive. La récupération de chaleur sur l’air extrait, lorsqu’elle est possible, limite fortement les pertes en hiver. Aérer reste indispensable pour la qualité de l’air, mais laisser fenêtres et portes ouvertes en continu annule l’effet des réglages : point de vigilance simple, souvent négligé.

Enfin, des stores ou des protections solaires sur les façades exposées tempèrent les locaux en été comme en hiver, et soulagent d’autant la climatisation. Si vous repensez vos installations, notre guide dédié au chauffage des bureaux détaille les solutions adaptées aux espaces de travail et leur impact sur le confort thermique.

Optimiser l’éclairage des lieux

L’éclairage est l’autre poste majeur d’un bureau : sur les bâtiments tertiaires, il figure parmi les postes les plus lourds de la facture d’énergie, juste après le CVC. Le levier ne se résume pas à changer les ampoules ; il se prépare au plan, en jouant à la fois sur l’apport de lumière naturelle, sur la technologie des luminaires et sur leur pilotage.

Premier arbitrage : limiter le recours à l’éclairage artificiel en plein jour. Là où la lumière naturelle manque, créer des fenêtres de toit ou intégrer des verrières fait baisser la consommation tout en améliorant le confort de travail des équipes. Ces ouvertures se décident tôt, car elles touchent à la structure et aux faux plafonds : les rattraper après coup alourdit le chantier.

Ensuite, il est fortement recommandé d’installer des ampoules LED dans tous les luminaires, qu’ils soient fréquemment allumés ou non.

En comparaison d’une ampoule classique, la LED peut consommer jusqu’à 80 % d’électricité en moins. Si vous avez déjà opté pour des ampoules basse consommation, sachez que les LED restent les plus intéressantes. Elles consomment nettement moins et durent bien plus longtemps.

Enfin, à l’échelle d’un parc tertiaire, le levier décisif reste le relamping LED couplé à la détection de présence. Remplacer l’ensemble des luminaires par des LED et asservir les zones de passage, sanitaires, archives, circulations, à des détecteurs supprime des heures d’éclairage inutile chaque jour. C’est l’une des opérations les mieux soutenues par les Certificats d’Économies d’Énergie, et l’une des plus simples à intégrer pendant un chantier.

Lors d’un chantier, le passage à un éclairage performant se prépare dès la conception des plafonds : nos repères sur les différents types de faux plafonds et leurs usages vous aideront à intégrer proprement dalles LED et détecteurs.

Bien choisir son matériel électronique

À l’échelle d’un parc, le poste informatique se traite moins poste par poste que par dimensionnement. Le vrai arbitrage porte sur les équipements mutualisés : baies réseau et serveurs souvent surdimensionnés, avec leur climatisation dédiée qui tourne en continu. Calibrer ces baies au juste besoin et soigner leur ventilation pèse davantage que le choix de chaque machine individuelle.

Côté postes de travail, le renouvellement se cadre simplement : à usage équivalent, un portable consomme moins qu’un poste fixe avec écran, et la classe énergétique reste le critère le plus fiable pour comparer deux modèles sur toute leur durée de vie. C’est un repère d’achat, pas un chantier.

Les imprimantes et photocopieurs relèvent de la même logique de mutualisation : un appareil multifonction bien dimensionné pour le nombre d’utilisateurs remplace plusieurs machines laissées sous tension, et réduit d’autant les terminaux à piloter le soir.

Éteindre les appareils en veille

Une fois la journée terminée, ordinateurs, imprimantes, écrans d’affichage et machines à café restent souvent en veille toute la nuit et le week-end. Selon l’Agence de la transition écologique (ADEME), éteindre systématiquement son ordinateur plutôt que de le laisser en veille permet d’économiser en moyenne 11 % d’électricité sur ce poste.

À l’échelle d’un parc, on ne mise pas sur la bonne volonté de chacun : l’extinction se programme. Une gestion technique du bâtiment (GTB) coupe par plages horaires l’éclairage, le CVC et les circuits de prises des zones inoccupées, et un asservissement à la détection de présence étend la logique aux postes de travail. La signalétique lumineuse et les écrans d’affichage, fréquemment oubliés allumés la nuit, se raccordent aux mêmes horloges.

Ce pilotage se prépare au moment du chantier : il faut prévoir les circuits dédiés et le câblage qui permettront de couper proprement chaque zone, plutôt que de tout rattraper ensuite avec des multiprises à interrupteur poste par poste. C’est l’une des opérations soutenues par les Certificats d’Économies d’Énergie.

Utiliser Internet de façon responsable

La sobriété numérique pèse peu sur la facture d’un bureau, mais elle compte pour l’empreinte carbone : selon l’ADEME, le numérique représente environ 3 à 4 % des émissions de gaz à effet de serre en France. À l’échelle des locaux, l’essentiel tient à quelques réflexes : alléger les pièces jointes, trier sa boîte mail, choisir des équipements sobres et prolonger leur durée de vie. Le levier matériel le plus lourd, lui, reste celui des équipements mutualisés (serveurs, baies, climatisation dédiée), déjà traité plus haut : utile pour la démarche RSE, mais sans commune mesure avec les leviers du bâtiment.

FAQ : économies d’énergie au bureau

Qu’est-ce que le décret tertiaire ?

Le décret tertiaire, ou dispositif Éco Énergie Tertiaire (DEET), impose aux bâtiments à usage tertiaire de plus de 1 000 m² de réduire leur consommation d’énergie de 40 % d’ici 2030, 50 % d’ici 2040 et 60 % d’ici 2050, par rapport à une année de référence. Les consommations doivent être déclarées chaque année sur la plateforme OPERAT. Propriétaires comme locataires sont concernés.

Comment réduire la facture d’énergie d’un bureau ?

Plusieurs leviers se combinent : régler le chauffage autour de 19 à 20 degrés, passer à l’éclairage LED avec détecteurs de présence, choisir du matériel électronique sobre, éteindre les appareils en veille et soigner l’isolation des locaux. Pour les bâtiments importants, une gestion technique du bâtiment (GTB) automatise ces réglages et limite les gaspillages au quotidien.

L’éclairage LED est-il vraiment rentable ?

Oui. Comparée à une ampoule classique, la LED peut consommer jusqu’à 80 % d’électricité en moins, et elle reste dix fois moins énergivore qu’une ampoule basse consommation. Sa longue durée de vie réduit aussi les remplacements. Associée à des détecteurs de présence, elle limite encore davantage la consommation dans les zones peu occupées.

Qu’est-ce que la GTB (gestion technique du bâtiment) ?

La GTB est un système qui centralise le pilotage des équipements d’un bâtiment : chauffage, ventilation, climatisation, éclairage et stores. Elle ajuste automatiquement leur fonctionnement selon l’occupation et les horaires, ce qui réduit les consommations inutiles. Elle fait partie des opérations soutenues par les Certificats d’Économies d’Énergie et facilite le respect du décret tertiaire.

Quelles aides pour rénover l’énergie de ses bureaux ?

Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) cofinancent de nombreuses opérations : isolation, passage à l’éclairage LED, modernisation du chauffage, de la ventilation et de la climatisation, ou installation d’une GTB. Pour les extensions et changements de destination, la RE2020 fixe le cadre. Ces travaux se traitent dans les meilleures conditions pendant un projet d’aménagement global.

Les experts Isospace
Les experts Isospace
Techniques, atypiques et créatifs, les experts Isospace vous apportent leurs savoirs pour vous aider à mieux penser votre environnement de travail, votre point de vente ou votre lieu d'hospitalité.
Demander un devis